JAISALMER

Bon, on a pas mal de retard à rattraper et beaucoup de choses à vous raconter sur notre fin de séjour dans le nord de l’Inde. Je vais tenter de vous retracer un peu toutes nos aventures et découvertes depuis notre arrivée à Jaisalmer le 26/11 et jusqu’à notre envol vers les Andamans le 27/12.

Jaisalmer est une agréable ville du nord ouest de l’Inde, ancien grand carrefour commercial du désert, non loin de la frontière pakistanaise. Nous nous y arrêtons pour profiter de l’attraction touristique principale du coin : le « Camel safari ».


Tous les hôtels et guest houses de la ville proposent leur formule, il ne reste plus qu’à faire son choix. Nous décidons de faire une excursion de 2 jours et 1 nuit dans le désert sur un circuit non touristique (histoire de ne pas devoir à partager notre coin de dune avec 60 autres touristes…). Nous partons avec Hussen et Ali, deux jeunes hommes du désert super sympas.


Une jeep nous conduit à une trentaine de kilomètres de la ville et nous dépose à l’entrée du désert où nous attendent nos dromadaires.


En route pour quelques kilomètres à travers un désert plutôt rocheux, territoire des quelques familles qui vivent ici dans de tous petits villages rudimentaires, à des années lumières de notre civilisation. Des troupeaux de chèvres défilent à la recherche d’un peu de verdure à se mettre sous la dent.


Après une matinée de traversée, nous faisons une pause à l’ombre d’un arbre où nos guides nous installent pour pic niquer. Au menu, nouilles, légumes variés et épicés, chapatti, chips pour l’apéro et bananes pour le dessert. Le tout cuisiné en direct au feu de bois et servi avec amour. Royal !


Après une petite sieste, nous repartons en direction des dunes de sable où nous passerons la nuit.
Nous arrivons peu de temps avant le coucher du soleil, nos dromadaires bien fatigués et nos fesses bien usées ;) Le temps de profiter de la vue qui s’offre à nous et déjà l’apéro est préparé pour nous au coin du feu, avec des petits beignets de légumes frits.
On passe la soirée autour du feu avec Ali et Hussein à échanger nos expériences, Hussein par exemple était marié depuis l’âge de 10ans à une petite qui en avait 9. Ali, à seulement 21ans, avait déjà deux enfants et sa femme enceinte du troisième.


Nous étions là, quatre jeunes de la planète Terre, vivant dans deux univers totalement différents à discuter, échanger, rigoler autour du feu, lorsque tout à coup sans crier gare, un petit scorpion tout blanc se dirige droit dans la direction de Baptiste :) Petit moment de panique à bord, réaction directe de Ali et Hussein qui s’empressèrent de le tuer ! Une petite heure de paranoïa s’en suivit pour moi, aux aguets du moindre grain de sable qui aurait bougé… Mais Hussein nous expliqua que si nous avions eu la chance de voir le scorpion avant qu’il n’arrive, c’était que notre destiné n’était pas de nous faire piquer aujourd’hui. Donc rien à craindre !
Finalement, nous partons nous coucher sur notre matelas en plein air installé par nos amis, moi tout de même bien emmitouflée dans mon sac de couchage, à l’abri des scorpions et autres petites bestioles du coin, on ne sait jamais :)
Et pour s’endormir, par une nuit sans lune, le spectacle du ciel et de la voie lactée qui se révèle dans ses moindres détails, d’une luminosité incroyable, laissant apercevoir les plus belles étoiles filantes qu’on ai jamais vu. Baptiste, ce chanceux en a vue une très spéciale, comme une boule rouge avec une trainée jaune derrière elle pendant deux-trois belles secondes.
Rien de mieux pour faire de beaux rêves et oublier la faune environnante. Au petit matin, Ali et Hussein nous réveillent avec un petit déjeuner servit au lit s’il vous plait. Un service quatre étoiles dans une ambiance désertique.
Nous faisons ensuite la route du retour avec cette fois nos dromadaires à diriger nous même.
On rentre bien cassés et tout crados de nos deux jours dans le désert, mais supers contents de l’expérience et de notre rencontre avec Hussein et Ali.


Nous quittons Jaisalmer le 29/11 au soir en direction d’Udaipur plus au sud.

UDAIPUR


Udaipur est sans doute l’une des villes la plus présentative de la grandeur de l’Inde. Avec son palais flottant au milieu du lac Picchola où seuls quelques chanceux peuvent venir dormir, avec ses jardins bien entretenus, ses fontaines, ses balades en bateau…


L’endroit est assez féerique.


La vieille ville grouille de marchands qui étalent leurs marchandises au milieu d’innombrables ruelles. On y trouve tous les jours un grand marché où se vendent les plus belles chèvres de la région.
Nous nous installons à notre arrivée dans une guest house recommandée par nos guides, un peu décevante néanmoins. Après avoir été malade à plusieurs reprises, je décide de trouver un petit réchaud électrique et de faire quelques courses afin de pouvoir de temps à autres cuisiner moi-même durant notre voyage. Nous arpentons la ville et faisons la connaissance d’un chauffeur de rickshaw. Il nous explique que sa belle sœur tient une jolie guest house avec vue sur le lac et qu’elle loue des chambres pas trop chères. Nous allons voir la gérante qui nous fait visiter de très jolies chambres à environ 6€ la nuit. Nous nous installons donc pour nos deux dernières nuits dans cette agréable guest house familiale.


Après quelques jours de visites des plus beaux endroits d’Udaipur, nous reprenons la route le 03/12 vers Bundi, petite ville paisible du Rajasthan, loin de l’activité des gros spots touristiques de la région.


BUNDI

A Bundi, nous atterrissons dans une guest house recommandée dans nos deux guides et qui, je pense, fut la pire de toute :)

Tenue par une mère et ses deux filles, cette maison familiale propose 4 ou 5 chambres. Elles nous en présentent une à l’étage pour 300rps, pas donné pour l’Inde, avec une salle de bain super glauque et l’ensemble plutôt dégueu… Un peu fatigué par le voyage et une grande envie de se poser, on décide tout de même de prendre la chambre.
On s’installe, je pars prendre une douche, et à mon retour, deux petites souris couraient sur le sol et une sur le lit. Quand même pas très motivés pour passer la nuit avec des souris, nous décidons finalement de tenter de trouver un autre hébergement. Mais au moment de partir, une des filles de la maison nous a littéralement imploré de rester, disant qu’elle nous donnerait une nouvelle chambre sans souris et pour 200rps au rez de chaussé. Ne pouvant refuser quoi que ce soit à cette femme qui était limite au bord des larmes, nous acceptons de rester. Elle me prit dans ses bras pour me remercier d’avoir bien voulu resté, encore toute émue de notre départ…

L’ambiance est sympa, shanti shanti comme on dit ici, qu’on pourrait traduire par tranquilou bilou par exemple. :) Dans le jardin derrière la maison, on rencontre quelques routards d’une vingtaine d’années, dont un photographe tchèque, un couple belge-argentin qui voyagent et vivent de leur artisanat vendu aux touristes et un couple de québécois en voyage pour un mois.

Encore une fois, et comme souvent tout au long de notre voyage, nous sommes réunis avec ces gens de tous horizons, de toutes religions, de tous les milieux et on apprend, on partage nos expériences de vie, on refait le monde parfois. C’est génial. Je pense que c’est une des raisons pour laquelle j’apprécie tant ce voyage. La découverte des autres, de leurs modes de vie, se rendre compte qu’il n’y a pas qu’un modèle de vie, il y en a des milliers. Et une façon de voir encore et encore que l’argent est loin de faire le bonheur ni la grandeur d’âme.
Et plus on découvre, plus on veut en voir. Ces 8 mois de voyage sont magiques mais à la fois trop courts pour satisfaire cette envie de découvrir « les autres » et la beauté de notre monde.

Enfin, pour en revenir à Bundi, nous avons profité de l’atmosphère paisible du coin pour louer des mobylettes et partir à la découverte de la campagne environnante avec nos amis du Québec.


Nous croisons de magnifiques paysages et la vie de l’Inde profonde, de l’Inde rurale, avec ses tous petits marchés organisés sur un unique carrefour, ses enfants qui nous disent tous bonjour à notre passage et les femmes qui portent des ballots de feuilles et de bois sur leur tête, qui sourient en nous voyant.


Et les hommes buvant tranquillement un chai à l’ombre d’une baraque de fortune, leur tête enrubannée de tissus multicolores.


On s’enfonce un peu sur les petits chemins et on rencontre un groupe d’une vingtaine de travailleurs du bâtiment, composé de femmes en saris et d’hommes en turban, plus ou moins jeunes et plus ou moins apte au travail…


Sans aucune possibilité de compréhension par la langue ou presque, on essaie de faire connaissance. On commence à les prendre en photo et avec la plus grande fierté, ils vont poser pour nous pendant une bonne demi-heure, abandonnant totalement ce qu’ils étaient en train de faire.


Et après chaque photo, il fallait bien entendu montrer à chacun sa photo sur l’écran de l’appareil. Les femmes, un peu timides au départ, me prenaient l’appareil des mains pour mieux voir et me demandait encore et encore de les prendre en photo.


Après quelques jours dans la campagne tranquille de Bundi, nous reprenons la route le 07/12 vers l’incontournable ville d’Agra, écrin d’une des merveilles du monde, le Taj Mahal !

To be continued… :)