Havelock

Nous retournons sur Port Blair le 08/01/09, l'île principale de l'archipel où nous devons acheter de nouveau des billets à la fameuse et démentielle « Shipping Corporation » et faire notre extension de visa (nous n'avions eu que 15jours à l'arrivée). Ouverture des portes à 9h15 (sans se presser…), petit sprint vers les guichets pour ne pas se faire doubler par toutes les indiennes qui, malgré leurs saris, s’empressent d’arriver les premières :) Me voilà de nouveau dans cet enfer administratif pour deux bonnes heures torrides et interminables !


Après une bonne dose de patience et quelques litres d’eau pour tenter de se rafraîchir, nous montons à bord du ferry en direction de l’île la plus « touristique » de l’archipel : Havelock.


Cette île de 92km² recouverte de jungle a, parmi ses nombreux atouts, l’une des deux plus belles plages d’Asie, la plage n°7 !


Encore sauvage et préservée, cette île est un petit coin de paradis pour les amoureux de la nature. Seule la partie nord de l’île est habitée par les quelques habitants. Le reste fait place à une nature luxuriante : des plantations immenses de cocotiers et bananiers pour la partie cultivée, une jungle dense aux arbres gigantesques occupant 90% du territoire, des mangroves, des plages de sable fin et une eau transparente à perte de vue…



On s’installe dans une petite guest house familiale recommandée par nos amis Clara et Thomas, le « Smile Garden », tenu par le jeune et adorable Choukoumar qui loue de mignons petits bungalows rudimentaires en bambou à 50m de la plage pour 50Rps (0.80€).


Nous sommes les seuls pensionnaires quand nous arrivons. Choukoumar et sa Maman nous accueille avec une gentillesse et une générosité déconcertante… Et pour nous souhaiter la bienvenue, il nous propose de nous servir 2 petits homards fraichement péchés par son frère pour la somme astronomique de 150Rps, les 2 !!! Surement les homards les moins chers du monde !

La devise de Choukoumar c’est : « definitly, it can possible ! », dans son anglais approximatif et accompagné d’un sourire jusqu’aux oreilles :)



Pendant que nous dégustons cette friandise de la mer, un touriste arrive et on assiste à des retrouvailles particulièrement émouvantes. Philippe est un routard italien d’une quarantaine d’années qui avait déjà séjourné sur Havelock pendant 3mois, 2ans auparavant. D’un naturel avenant et convivial, il était tombé amoureux de l’île et de ses habitants et s’y était fait beaucoup d’amis.

Après que Chouk lui ait littéralement sauté au cou et pleuré de joie de le revoir, nous faisons sa connaissance et il reçoit lui aussi son homard de bienvenue :)

Philippe parle parfaitement le français et nous raconte pas mal d’anecdotes sur Havelock et nous dévoile quelques petits secrets de l’île.

Il nous parle d’une balade sympa à faire traversant la jungle et la mangrove pour rejoindre « Elephant Beach », une plage sublime qui tire son caractère de ses arbres morts immenses étendus de tout leur long sur la plage et de ses fonds marins aux coraux et poissons multicolores.


Bien entendu nous acceptons et nous voilà partis le lendemain matin avec lui et Méla, une de ses amies italiennes qui vit à Londres.

Nous passons la journée sur cette plage à alterner bronzette, snorkeling et séances photos dans ces arbres plus proches de sculptures que de pins des Landes, le tout ponctué par les retrouvailles de Philippe avec ses amis de l’île.



En fin d’après midi, avant le coucher du soleil, nous prenons la route du retour car il est très facile de se perdre la nuit dans la mangrove et surtout de ne pas retrouver la porte d’entrée du chemin qui traverse la jungle jusqu’à la route principale. Philippe connaissant bien les lieux, nous ne sommes pas inquiets. Nous traversons la mangrove qui ne ressemble plus du tout à ce qu’elle était à l’aller… L’eau a monté et le décor n’est plus le même. Et finalement, au bout d’une bonne trentaine de minutes à longer la jungle pour en trouver l’entrée et la nuit tombant, nous sommes forcés de retourner sur la plage et de trouver un plan B pour rentrer au village...

De retour sur Elephant Beach, nous évaluons les possibilités qui s’offrent à nous. Il n’y en pas 50 ! Soit nous dormons sur place sans rien, à l’abri des cabanes des vendeurs de noix de coco plutôt spartiates, soit nous tentons de rejoindre la plage n°7 où nous trouverons des moyens de transport vers le village, à 5 bonnes heures de marche de là en longeant la plage.

Pas trop motivés pour dormir sur place et d’humeur aventureuse, nous décidons de tenter la 2ème solution. La lune étant pleine nous y voyons très bien. Le seul problème est que la marée est montante et rend quasiment impraticable pas mal d’endroits sur la côte et il faut passer par l’eau à plusieurs reprises.

Par chance, après une demi-heure de marche, nous tombons sur une famille de locaux qui étaient venus pic niquer avec leur bateau. Le père est un peu éméché mais super gentil. Il nous propose à boire et nous invite à partager leur repas avant de nous ramener avec son bateau pour une somme un peu excessive, mais il le sait, nous n’avons pas vraiment le choix :)
Nous n’osons pas vraiment nous incruster dans leur pic nique familial, mais nous nous retrouvons vite avec chacun une assiette bien remplie dans les mains et à discuter avec chaque membre de la famille (une petite dizaine !) dans une ambiance super conviviale :)


Après avoir mangé du délicieux plat préparé par la Mama, le père nous ramène et nous profitons d’un agréable retour sur l’eau au clair de lune.


Le lendemain, Natalia et Jaras nous rejoignent au « Smile Garden », ainsi que Judith et Aré un couple d’espagnoles et Marc, un sacré numéro, espagnol lui aussi que nous avions tous vu sur Neil Island une semaine plus tôt.

Nous décidons de repartir sur Elephant Beach avec eux, Philippe et Méla pour ensuite regagner la plage n°7 en longeant la côte.

Les paysages sont superbes tout le long de cette balade de 5h. Tantôt des plages de sables fins, puis des surfaces rocheuses, des arbres couchés qu’il faut escalader, le tout bordé par une jungle luxuriante.



A mi chemin, Natalia, Jaras, Judith et Aré décident de couper par la jungle pour éviter une partie de la côte rocheuse et plutôt glissante. Pas du tout rassurés à l’idée de passer par la jungle où il est très facile de se perdre, nous décidons de garder le cap. Et lorsque je raconte à Philippe leur décision de passer par là, il me dit que nous devons nous préparer à prévenir les secours, car ils sont sans doute déjà perdus...

Et c’est le cas ! Au bout de 50m, il leur était totalement impossible de se repérer dans cette jungle ultra dense. Et ils ne pouvaient même plus entendre le bruit de l’océan. Au final, avec beaucoup de chance, ils ont réussi à ressortir de la jungle au bout d’un bon moment à chercher une issue, pour se retrouver à une heure de marche avant l’endroit où ils avaient pénétré dans la jungle ! Et nous sommes bien contents lorsqu’ils finissent par nous rejoindre au lagon, juste avant la fameuse plage n°7 ; Cette incroyable et immense étendue de sable fin quasi désertique si ce n’est quelques touristes indiens et quelques occidentaux. Une eau turquoise et transparente ressemblant plus à une immense piscine qu’à un océan, si elle n’abritait pas quantité d’animaux marins tels des tortues et des poissons magnifiques.


L’étendue de sable est sculptée inlassablement par des milliers de petits crabes qui y dessinent des mosaïques circulaires.


Nous restons là, jusqu’au coucher du soleil avant de regagner l’autre côté de l’île avec le bus local.


Notre vie est rythmée sur l’île par des excursions au marché où on trouve plein de délicieuses choses à manger comme le Jack fruit, un fruit énorme à la chair jaune vif et au gout tutti frutti, du kurd (yaourt local), des samosas, des pakoras (petits beignets de légumes frits) et quelques petits restaurants qui servent des produits de la mer.

J’aurai encore beaucoup de choses à vous raconter sur ces 15 jours passés sur Havelock, comme le mariage auquel nous avons été invité où 800 repas on été servis, les gens adorables que nous avons rencontré sur l’île prêts à partager avec nous le peu qu’ils avaient, les enfants qui montent au sommet des cocotiers pour couper les noix avant qu’elles ne tombent par mégarde sur quelqu’un, les après-midi hamac sur les plages, les soirées barbecue avec Choukoumar, la sortie pêche avec sa mère et son oncle sur une petite barque à la tombé de la nuit et les milliers de sourires que nous avons vu là bas.



Tant de belles choses et de merveilleux souvenirs qui nous amènent tous les deux à la même conclusion : il faut vite y retourner ! Vite avant que les lignes aériennes ne s’ouvrent à l’international et que ce petit paradis ne devienne une annexe des îles de la Thaïlande, vite avant que les locaux ne soit plus intéressés que par l’argent des touristes et que de gros hôtels en béton viennent dénaturer ces paysages somptueux. N’oublions pas qu’il y a à peine 10ans, personne sur l’île n’avait vu un occidental et que la grande majorité d’entre eux n’ont, encore aujourd’hui, jamais mis les pieds sur le continent indien.

A très bientôt pour de nouvelles découvertes :)

Remerciements particuliers à Philippe pour ses photos.

Plus de photos sur la Galerie